[ Par Rémi Jaffray Nathan Perez ]

Les réseaux sociaux permettent de diffuser des articles ou des anecdotes sur des personnes, des choses politiques, de façon souvent badine, comme si de rien n’était, une parole qui passe et que quelques-uns seulement écouteraient. Toutefois, cette parole touche beaucoup plus qu’on peut le penser.

Serions-nous mieux écouter ? 
Aujourd’hui, environ 89%, des adolescents ont au moins un compte sur un des réseaux sociaux les plus connus, et communiquent plus facilement avec amis et proches, gardant, créant et recréant des liens. S’afficher et paraître devient un jeu complexe, où nous voudrions à la fois nous montrer qu’à ceux que nous connaissons, mais aussi toucher ceux qui pourraient nous reconnaître et nous faire connaître. La jeune militante écologiste Greta Thunberg, à l’origine d’un mouvement mondial de lycéens et de collégiens faisant la grève pour le climat, est désormais mondialement célèbre ; Bilal Hassani, jeune youtubeur queer, représentera la France à l’Eurovision.

Et si nous devions débrancher ? 
Certaines personnes racontent trop leur vie privée sur les réseaux sociaux et cela peut ressortir à n’importe quel moment. Tout ce qui été mis sur les réseaux sociaux y reste même si cela a été supprimé. Et comment savoir ce qui est “trop” ? Pire qu’un tatouage, nos traces nous suivent et nous poursuivent. Trolls, stalkers et haters se déchaînent. Des applications commencent à émerger pour permettre aux propriétaires des comptes de ne pas lire les commentaires désagréables. Toutefois, ne serait-ce pas aussi les déresponsabiliser ? Ce sont eux qui mettent les photos de leurs enfants, ce sont eux qui diffusent le lieu de leurs vacances, eux qui ne respectent pas leur propre intimité en dévoilant leur conjoint ou leur orientation politique ou religieuse.

Une solution : limiter la liberté d’expression ? 
La liberté d’expression désigne la liberté que possède chacun de penser comme il le souhaite ou d’avoir ses propres opinions. La déclarations des droits de l’Homme pose le principe de la liberté d’expression dans ses articles 10 et 11 en affirmant que “Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi” et, “chacun a droit au respect de sa vie privée”. En France, la liberté d’expression est déjà limitée : insultes et menaces physiques, atteinte à la vie privée, négationnisme, racisme, ou homophobie sont punis par la loi. Encore faut-il retrouver les auteurs de ces propos…

La responsabilité des réseaux sociaux 
Les grands réseaux sociaux, Twitter ou Facebook, ne semblent pas vouloir une quelconque limitation de la liberté d’expression sur leurs réseaux. Mark Zuckerberg dit même vouloir la faciliter, grâce aux modifications de son algorithme, qui permet de voir défiler dans son fil d’actualité plus de suggestions de contenus correspondants à nos avis et nos opinions. Mais, en facilitant ainsi l’expression, ne la biaise-t-il pas sciemment en écartant toute possibilité de nuancer sa position ?