[ Par Krystaelle Derette ]

 

L’antisémitisme est « Le nom donné de nos jours à la discrimination et à l’hostilité manifestées à l’encontre des Juifs en tant que groupe ethnique, religieux ou racial. » Si je donne ici la définition, c’est que manifestement certains ont l’air de l’avoir oubliée…

Un devoir de transmission et de mémoire
Il est vrai que 75 ans, cela fait long. Le 6 juin 2019, nous fêterons les 75 ans du débarquement en Normandie qui a permis la libération de la France de l’occupation nazie. La majorité des lecteurs de ce journal n’était pas née à cette époque ! Pour autant, si on a dû en arriver là, on se souvient tous bien que c’est en partie à cause de l’antisémitisme. La rafle du Vel’ d’Hiv ça vous dit quelque chose ? Plus de 13 000 juifs ont été arrêtés et déportés en juillet 1942. La Shoah, l’« extermination systématique des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale », a fait entre 5 et 6 millions de victimes. Un sondage IFOP affirme que 10% de la population ne sait pas ce qu’est la Shoah. Ce pourcentage monterait même à 25 pour les jeunes de 18 à 34 ans ! C’est tout simplement alarmant. Nous avons un devoir de mémoire et de transmission. Toutes les horreurs subies lors du XXe siècle ne peuvent pas être oubliées au cours du temps. Nous devons nous souvenir et surtout apprendre à en tirer les conséquences.

Des actes plus fréquents et plus violents
En 2018 la France a connu une augmentation des actes antisémites de 74% ! Mais où allons-nous ? Parmi les exemples les plus marquants, on peut citer des manifestations de soutien à Gaza qui dégénèrent, des attaques de synagogue. En avril 2019, le syndicat des étudiants juifs de France a vu son local situé à l’université Paris-Dauphine saccagé. Il en avait été de même pour celui du site de l’université Panthéon-Sorbonne. Un cimetière juif s’est retrouvé vandalisé en Alsace. On ne peut également pas passer à côté des croix gammées taguées sur les portraits de Simone Veil (survivante de la Shoah, ne l’oublions pas) peints sur des boîtes aux lettres du XIIIe arrondissement de Paris. À l’instar de notre pays, l’Allemagne connaît aussi une hausse d’actes antisémites (environ 10% d’actes supplémentaires en 2018). Ce phénomène incite des juifs allemands à émigrer, inquiets de la tournure que pourraient prendre les événements. 

La lutte du gouvernement
A l’origine de ces actes ignobles une persistance de vieux préjugés. Les juifs seraient riches et posséderaient les médias. Malheureusement, peu de victimes portent plainte. La famille de Simone Veil n’a pas souhaité le faire après les tags sur les boîtes aux lettres, par exemple. Face à la remontée de l’antisémitisme en France, le gouvernement a mis en place certaines mesures. Du 18 au 24 mars 2019 s’est déroulée la semaine de la lutte contre l’antisémitisme. Pour sa 4e édition, 500 actions ont été menées dans tous les pays : des interventions dans les écoles, des expositions, des ateliers pour lutter contre les stéréotypes, etc. Lors de son discours au Conseil Représentatif des institutions juives de France le 20 février dernier, le président Emmanuel Macron a annoncé une proposition de loi pour lutter contre la haine sur internet ainsi que l’intention de dissoudre plusieurs associations d’extrême droite. 

L’antisionisme, qui est la haine contre l’État d’Israël, est considéré comme l’antisémitisme moderne selon notre chef d’État. Pour lutter contre cela et contre toutes les formes de racisme et de discrimination, il faut agir dès l’école. Le gouvernement français compte en faire sa priorité durant son mandat, mais qu’en sera-t-il dans quelques années…?