[ Par Sebilyb ]

Hommes politiques, publicitaires, médias télé, radios ou journaux… puis un jour vinrent les réseaux sociaux. Dans notre quête permanente du savoir, de la connaissance, nous puisons l’information dans des sources multiples, plus ou moins fiables et désintéressées.

Le temps de l’individu médiatique 
Aujourd’hui, chaque individu peut choisir ou même générer SES informations. Bien que cela offre aux sociétés avides d’actualité en continu une grande diversité d’accès, de formes et de sujets, certaines de ces informations peuvent être erronées, voire contrôlées volontairement. Lorsque le but est de manipuler l’information, tous les moyens sont bons pour convaincre et influencer. L’apparence physique et vestimentaire, par exemple, est un moyen d’impacter l’Autre à son premier regard et de générer un effet positif, attachant ou bienveillant et cela n’est pas neutre. La première impression impacte notre réception de l’information, nous met en confiance ou nous repousse. Très souvent élégance rime avec assurance car on peut cacher nos doutes et nos fragilités derrière un masque comportemental et un costume bien ajusté. Pour celui que l’on rencontre, cela rejoint le syndrome de la “blouse blanche”, le biais cognitif d’autorité qui pousse à croire sans distance les paroles d’une personne qui porte les signes identitaires de l’expert : un médecin n’est crédible qu’en blouse blanche mais pas habillé en clown, un conseiller en bricolage doit porter une salopette ou une tenue de travail pour être légitime à vos yeux. En complément, la rhétorique, l’art de bien parler pour convaincre peut permettre de capter l’attention et l’adhésion d’un auditoire, quelque soit la profondeur de la prise de parole.

 

Les médias font davantage qu’informer 
Le processus d’influence va bien au delà des simples représentations de soi et des autres. Sous un angle sensationnel, le journalisme actuel s’efforce de maîtriser le temps et de produire de l’info immédiate, parfois diffusée avant d’être vérifiée et irréfutable. Entre les chaînes télé, les actualités se croisent, se confirment ou se contredisent en un instant : mise à jour et actualisation d’articles, démentis, confirmation par un expert sorti de nulle part, information partiale, partielle, vague ou lacunaire. La vérité se conjugue aujourd’hui au conditionnel et tourne en boucle avant de disparaître, remplacée par de nouvelles nouvelles. Au centre de ce fléau informationnel, cette malinformation similaire à la malbouffe, les fake-news occupent de plus en plus d’espace.médiatique. Ces informations, volontairement fausses et provocatrices, se répandent comme une traînée de poudre, rendant floue la frontière entre une vérité incroyable et un mensonge crédible.

 

Mélange des genres 
Certaines chaînes de télévision très populaires appartiennent non à l’Etat comme France Télévision mais à des groupes privés comme Bouygues pour TF1. Cela est une aberration car les choix éditoriaux, les débats organisés dans les grilles de programmes, les thèmes développés dans les émissions, peuvent être “orientés” au gré des intérêts économiques des financiers. Si le but est d’occuper les esprits, les polémiques sont mal menées, débattues par ceux qui en vivent et non ceux qui les vivent, l’échange risque d’être stéril et biaisé. Avec du recul, le “temps de cerveau disponible” proposé aux publicitaires et aux politiques servirait à noyer le poisson et à écarter l’opinion publique d’une plus juste analyse des phénomènes sociaux.