[ Par Betty BONNET ]

13 Avril 2016 : la loi contre le « système prostitutionnel » est votée. Celle-ci est fondée sur trois piliers : l’abrogation du délit de racolage public, l’interdiction d’achat d’acte sexuel et la création d’un parcours de sortie de la prostitution. Malgré les revendications féministes mis en place pour la promulgation de cette loi, on n’observe pas une satisfaction des personnes concernées. En effet, les travailleurs.es du sexe (TDS) subissent davantage de dommages collatéraux que prévu.

Une perte économique pour les travailleurs.es
Les revenus des travailleurs.es du sexe se dégradent fortement. La pénalisation du client mise en place engendre une amende à hauteur de 1500€. Le client craint donc d’être pris sur le fait et, pour cela, la demande d’actes sexuels diminue. La loi semble avoir atteint son objectif de dissolution du système prostitutionnel : sans client, pas de marché. Néanmoins, on dénombre « en six mois, 250 clients de prostituées verbalisées sur le territoire » d’après Gaëlle Dupont pour Le Monde. Ce chiffre est faible ; le risque est-il réel pour eux ? Sur Internet, les clients ne se sentent même pas concernés…

Un gain de risque pour les travailleurs
Les travailleurs.es du sexe ne se sentent pas protégés par cette loi et par les forces de l’ordre. En perdant des revenus, le moyen utilisé par ces personnes est de travailler plus, en acceptant plus et en percevant moins. Il existe une relation de pouvoir entre le client et la TDS : le client est roi… ILS prennent des décisions, bonnes ou mauvaises. Souvent, le préservatif est refusé pour une fellation, même avec conscience du risque sanitaire. Le service doit parfois être réalisé dans un lieu plus isolé… Dénoncer ? Il n’en est pas question : elles ne veulent pas tuer le commerce et encore moins être médiatisées. Ainsi, les résultats de la loi ne sont pas ceux attendus. Faute de trouver des clients, la solution est de basculer vers les intermédiaires (proxénètes). Finalement se développe un effet pervers où au lieu de tuer le marché prostitutionnel, celui-ci s’étendra, aux risques et périls des personnes concernées.

Pour plus d’informations, voir l’étude d’Hélène Le Bail sur les conséquences de la loi (cliquer ICI)/