[ Par les élèves du collège Roquebleue* ]

 

Dans un contexte contemporain d’individus et de populations en mouvement, territoire et identité méritent d’être questionnés quand on cherche à se définir tant d’un point de vue individuel que collectif.

Le territoire, espace de vie
Un territoire est un lieu donné, un secteur où l’on passe du temps. Il peut être privé, comme sa chambre, ou son lit, alors il ne se prête pas, c’est un endroit qui nous appartient. A l’inverse, un territoire peut aussi être public comme sa commune, sa ville, sa région et même son pays. Notre nom, notre prénom, notre âge, nos traits de caractère, notre physique, nos origines et notre culture constituent notre identité. Les cartes d’identité ou notre passeport permettent de définir légalement notre identité en fonction de notre territoire. Quel est le lien entre territoire et identité ? Faut-il nécessairement avoir un territoire pour avoir une identité ?

 

Un lien inaliénable
Le territoire est indispensable à la construction de l’identité. Les origines et les racines sont indissociables d’une terre. L’origine, c’est le commencement d’une vie, mais aussi l’endroit où nous vivons nos premiers moments. C’est aussi le milieu social d’où l’on est issu, auquel on appartient : les racines s’expliquent ainsi par le lien qui nous attache aux groupes de personnes auxquels nous appartenons et au milieu d’où nous venons. La patrie est une notion plus politique, moins intime que la précédente : elle est rendue visible par les apparences, les us et coutumes, les cultures. Le paraître importe alors plus que l’être lui-même. C’est ainsi que l’on peut reconnaître l’origine d’une personne à son habit ou à son accent.

 

Une question culturelle
La notion de culture inclut la religion, l’art, la littérature (orale et écrite), la langue, la nourriture et les coutumes enseignées. Quand on a la possibilité de vivre sa culture sur un territoire qui nous appartient ou sur un territoire sur lequel est reconnue notre autorité, l’identité est parfois plus simple à construire. Ainsi, certaines personnes s’approprient un territoire qui n’est pas le leur pour affirmer leur identité mais aussi pour casser certaines représentations qui y sont associées. C’est ce qu’ont fait Beyonce et Jay-Z qui se sont approprié le Louvre pour valoriser leur musique rap dans un endroit qui n’est habituellement pas associé à leur style de musique. Dans leur clip “Apeshit”, ils ont voulu démontrer que certains endroits publics ne sont pas réservés à une certaine classe sociale et que le territoire des autres peut aussi être le nôtre quand on sait le respecter.

 

L’appel aux racines
 Pour autant, perdre sa terre, être contraint à l’exil et à l’occupation d’un territoire imposé ou choisi par défaut peut être perçu comme une souffrance extrême, mais il peut aussi être une libération. C’est le cas des Tutsis qui ont survécu aux massacres de 1994. Pour eux, l’exil a souvent été synonyme de salut. C’est lui qui leur a permis de se reconstruire loin de leurs bourreaux, sans être obligés de cohabiter avec eux au quotidien.

 

Mais pour autant, parmi tous ces gens qui se sont volontairement exilés pour échapper au pire, combien aimeraient pouvoir revenir sur la terre qui les a vus grandir ?

 

Salomé Dubois, Yoann Marrot, Hugo Bretin-Alvarez, Loanne Gobbe, Soïzic Elshout, Demian Bretin-Alvarez, Rachel Hubert et Adama Diomande