[ Par Enoc Moudjali ]

« Fake news », une expression anglaise qui signifie fausses nouvelles. Celles-ci désignent des informations qui sont volontairement modifiées ou truquées afin d’avoir un impact : faire le buzz, influencer, voire manipuler l’opinion publique. L’enchaînement des messages, des contre-informations, des réponses diffamatoires fait qu’on ne sait plus qui croire et où est la vérité.

La preuve par l’exemple 
BMF-News.com (il ne s’agit pas du site d’information BFM mais d’un site internet satirique) titrait il y a quelques mois « Dealer, il confond farine et cocaïne et fait des crêpes pour l’école : 27 morts ! » Bien sûr il n’y a pas eu de victime et on réalise vite que cette information est une plaisanterie. D’abord parce que l’histoire semble un peu grosse, ensuite parce que ingérer de la cocaïne en mangeant des crêpes ne pourrait provoquer autant de morts. Avec un peu de bon sens, on ne tombe pas dans le piège. C’est bien, mais il faut aller plus loin, car les fake news n’ont pas toujours pour objectif de plaisanter. Derrière des titres accrocheurs, provocants, bizarres, nous devons nous rappeler que la loi du web est d’attirer un maximum de lecteurs. N’oublions pas que tout peut cacher des intérêts politiques ou financiers, car chaque clic sur une page peut représenter des bénéfices publicitaires.

Manipulation
La montée en puissance des réseaux sociaux fait partie du problème, car c’est sur Facebook, Twitter et Instagram que se nichent les fake news. Souvent, elles traitent de sujets polémiques comme les réfugiés, la guerre, la corruption ou les mensonges de personnalités politiques. Comment réagit-on ? Souvent on se dit que ce n’est pas vrai, mais que ça POURRAIT l’être et cela est pire, car du coup on s’intéresse moins à la vérité qu’à nos peurs. Il y a là un glissement dangereux qui s’opère. Celui qui nous ment est parfois considéré comme une personne bienveillante qui nous met en alerte et non plus comme un tricheur dont on doit se méfier. A la longue, la grande majorité des gens risque de ne pas mesurer davantage les informations qu’on leur donne. La solution : apprendre à développer son esprit critique, car la loi, si on compte sur elle pour interdire les mensonges, pourrait se retrouver à censurer les ragots, les rumeurs de faits non prouvés, les publications de la presse à scandale qui, quoi qu’on en pense, doit être protégée par la liberté d’expression. 

Question de méthode
Pour reconnaître les fausses nouvelles, il faut procéder avec méthode. D’abord examiner le titre, vérifier la source, voir si l’article contient des fautes d’orthographes et syntaxiques, si les phrases sont mal construites. On peut s’aider de quelques questions : l’auteur est-il un professionnel (journaliste) ou un amateur (blogueurs) ? Celui-ci est-il fiable ? reconnu ? Qu’a-t-il publié d’autre ? Est-il expert sur le sujet ? 

Il s’agit de se méfier des articles qui s’adressent à nos émotions, à nos sensibilités et à nos croyances individuelles plutôt qu’à notre raison. Le pire, c’est d’avoir déjà une opinion sur un sujet et de tomber sur un article qui “confirme” plus qu’il ne “prouve” ce qu’on pense. Comme pour les théories du complot, les fake news réduisent souvent des situations complexes à des conflits entre personne. Chacun d’entre nous doit avoir de solides connaissances des médias, être capable de trouver, analyser, critiquer, évaluer une information. N’oublions pas que bien souvent, le réalisme est la clé du mensonge. Alors apprenons à être malins !