[ Par Gertrude TINE ]

 « Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants », c’est une phrase que vous avez sûrement déjà entendue. Elle fait partie des nombreuses alertes lancées ces vingt dernières années sur l’urgence d’agir au plus vite pour « sauver la planète ». Pourtant, les signaux sont toujours rouges et la marche vers le développement durable semble tarder.

Une prise de conscience mondiale
En 2016, face au problème planétaire du réchauffement climatique et de l’épuisement des ressources naturelles,  l’ONU rédigeait un rapport intitulé Global Sustainable Development Report qui interpelle les gouvernements et le grand public sur la gravité de la situation. Ce rapport n’est pas le premier du genre, car depuis le début du siècle, la problématique du développement durable est entrée dans les préoccupations des Etats. Plusieurs rencontres internationales ont eu lieu réunissant des organismes de défense de l’environnement, des acteurs de la société civile ou les pouvoirs politiques autour de la question de l’avenir de la planète. Ce document de l’ONU n’est donc pas ce qu’on pourrait appeler une grande innovation. Cependant, il est la preuve d’un consensus de tous les états sur l’existence du problème et sur les solutions à entreprendre. Il engage les différents pays à fournir les efforts nécessaires pour atteindre dix-sept objectifs de développement durable d’ici 2030. L’urgence d’agir est ainsi bien cernée et le chemin à suivre bien tracé. Ce constat étant, pourquoi alors, les changements attendus tardent-ils autant ?

Des économies trop gourmandes
A travers le monde, plusieurs politiques ont été mise en œuvre dans différents pays pour relever les défis du développement durable. La taxe sur l’émission de CO2 est une des plus répandue. Cependant, leurs effets sont insignifiants par rapport à la dégradation engendrée par notre activité économique. En effet, comme souligné  dans le rapport de l’ONU, les gouvernements peinent à appliquer les normes et politiques environnementales. Face à eux se dressent parfois de grands groupes industriels, comme les GAFAMI dont le pouvoir n’est plus discutable, qui voient là une menace pour leurs intérêts économiques. C’est à croire que l’économique prime sur le politique. Dans ce contexte, la suggestion de certains économistes de changer nos modèles économiques pour passer à des systèmes plus soucieux des écosystèmes planétaires semble irréalisable.

Miser sur les citoyens
Telle que présenté jusqu’ici, le problème ne semble se jouer que dans les hautes sphères politiques et économiques et n’être que l’affaire de ces institutions. La réalité est toute autre. Si nous redescendons la chaîne nous nous rendons compte que l’acteur fondamental responsable de toute action et capable de changer la donne c’est le citoyen. Ce sont les citoyens qui forment les gouvernements et les entreprises ; ils sont les pièces élémentaires de la société. Donc, pour arriver à concrétiser le développement durable dans tous ses aspects, chaque citoyen doit pouvoir s’approprier cette valeur et la mettre en pratique. Pour cela, il faudra investir dans l’éducation et travailler à conscientiser et  responsabiliser chaque citoyen sur son « rôle environnementale ». Ce n’est qu’à cette condition que les politiques pourront créer le  cadre juridique et politique nécessaire à la mise en place d’une économie durable