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  • Pour une éducation féministe « complète » dans les collèges
[ Par Coralie Chenal, Victorine Fofana, Anouchka Vautrin ]

De l’utilité de construire un féminisme intersectionnel dans les collèges. Trois professeurEs stagiaires en histoire-géographie en immersion au collège Rosa Parks racontent leurs pérégrinations dans l’établissement, dans un monde sexiste où l’espoir demeure.

Le collège, miroir de la société
Au sein d’un collège, comme dans la société, les rapports de genre structurent les relations entre élèves, entre élèves et adultes et entre adultes au sein de la communauté éducative. Le collège, en tant qu’espace privilégié de la construction personnelle des élèves et véritable lieu de vie, doit se saisir pleinement de la question féministe. Ainsi, l’équipe pédagogique doit participer à la réflexion des garçons et des filles arpentant quotidiennement les couloirs de leur établissement. Se faisant, elle doit se garder d’un écueil majeur : au lieu de voir des professeurs professer l’égalité, ces derniers doivent permettre aux élèves de devenir de véritables acteurs de leur construction féministe.

Un stage au collège Rosa Parks : formation, réflexion, émancipation
Au cours de notre stage, nous avons pu observer la forte sensibilisation des élèves à des sujets aussi marquants dans notre société que le racisme et les inégalités entre les hommes et les femmes. Les séances d’éducation morale et civique sont en effet, pour les élèves de Rosa Parks, l’occasion de prendre la plume sur des sujets qui les intéressent et les portent. Ainsi, quand on demande à Manuel pourquoi il a la flemme d’être citoyen, il s’empresse de répondre avec aplomb que de toutes façons, les hommes et les femmes ne sont pas égaux dans notre société, au même titre que les blancs et les Noirs, ou encore les maigres et les gros. Quelques rangs plus loin, c’est une autre élève qui parle à l’une d’entre nous du manque de solidarité internationale quant aux traitements des problèmes de la faim dans le monde : « Les pays riches, ils ont autre chose à faire si aider ne leur rapporte pas d’argent, ils sont racistes ». Benyousser, pourtant seulement en quatrième, s’est saisi de l’affaire d’Adama Traoré comme d’un exemple des dysfonctionnements de la justice.

Des outils pour construire une éducation morale et civique féministe
Cette hyper-sensibilité aux inégalités qui traversent notre monde témoigne d’un vécu personnel et de l’amorce d’une conscientisation. L’écriture d’articles apparaît dès lors comme un élément particulièrement formateur dans la mesure où elle incite les élèves à construire leur propre raisonnement sur le sexisme et le racisme. Cette façon d’enseigner l’éducation morale et civique doit permettre d’amorcer une réflexion sur les outils dont peuvent se saisir les professeurs pour promouvoir une éducation égalitaire. On attend plus désormais que l’avènement de l’ère du féminisme intersectionnel au collège Rosa 

Le féminisme intersectionnel désigne le fait d’intégrer dans une réflexion féministe la situation de personnes subissant simultanément plusieurs formes de domination ou de discrimination dans une société : racisme, homophobie, transphobie. ]