[ Par Juliette Meyer ]

Le 9 avril 2018, l’État lançait l’opération d’expulsion de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Plusieurs lieux d’habitation ont été détruits et les occupants expulsés. Les journaux retranscrivaient des images violentes des affrontements entre les forces de l’ordre et les opposants montrant barricades et Zadistes cailloux à la main et visages camouflés.

Le regard partisan d’une chaîne publique
Le jour de l’expulsion, France 3 lançait une édition spéciale sur l’événement. Les images débutaient sur la campagne de nuit avec ces mots : « Au cœur de la nuit, la campagne semble calme mais ce n’est qu’illusion. Sans surprise, les Zadistes radicaux sont prêts à en découdre, casqués et armés ». Des scènes d’affrontement s’enchaînaient, où on pouvait entendre et voir coups de feu et barricades. Six mois après les faits, une vision à distance s’impose.
L’émission présentait ensuite quelques images des habitations et des infrastructures agricoles des Zadistes, ou les fameux « squats » visés par l’intervention policière. Deux Zadistes étaient interrogés sur leur projet agricole : une bergerie et une exploitation maraîchère. « Nous ce qu’on veut c’est d’essayer de conserver notre activité, de développer des projets », affirmaient les occupants écœurés du « double jeux » de l’Etat. Néanmoins, les évènements de ce matin 9 avril ruinaient tout espoir.

Diviser pour mieux accuser
France 3 pointait du doigts les zadistes radicaux. Ces radicaux qui n’avaient pas de projet agricole, qui refusaient de se régulariser, qui n’avaient « pas su entendre la voix de la raison », qui compliquaient l’intervention policière et qui, aux yeux de l’Etat et des journalistes, étaient les seuls responsables de l’échec de la ZAD.
A travers ces images, les médias désignaient les « bons » zadistes et les « mauvais » zadiste. Je me demande alors, qui sont ces radicaux dont on ne nous laisse voir le visage que sous un bandeau de guérilla ?

Ensemble au fil des semaines nous irons voir au-delà des apparences