[ Par Mélanie Cassara ]

Au XIXe siècle tout s’accélère. L’invention de la machine à vapeur rend beaucoup de faits plus rapides : les déplacements en train comme la transformation de matières premières en produits industrialisés. La conséquence ? L’absence de sécurité. À la fin, ce sont toujours les individus qui payent les pots cassés : ils se blessent à cause du manque de protection dans les usines.

Le concept de Révolution
Une révolution est un changement, un bouleversement important et brusque dans une société. Elle peut prendre plusieurs formes. Une révolution politique, comme la Révolution française par exemple, a marqué, par la violence, un changement de régime : la monarchie absolue a été brutalement remplacée par une république après que le roi ait été guillotiné. Cette révolution a apporté la fin des privilèges de la noblesse et du clergé et la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui garantit le respect de l’individu. Une révolution industrielle, scientifique ou technologique apporte également une transformation radicale : la découverte de la machine à vapeur a métamorphosé le travail de l’homme et la production de richesses en faisant intervenir des machines pour produire à la chaîne et optimiser le rendement des entreprises. Du jour au lendemain, les artisans dans leurs boutiques sont devenus des ouvriers employés dans des manufactures. L’utilisation de la machine à vapeur dans les campagnes a entraîné l’exode rural : les paysans au chômage allaient vivre en ville pour trouver du travail dans les usines.

Les ouvriers dans les usines
Une usine est un bâtiment spacieux qui a besoin d’ouvriers (des prolétaires, qui n’ont que leurs mains comme richesse) employés derrière les machines pour assurer leur efficacité. Généralement, elle est située dans un espace étendu aux alentours de la ville : la banlieue. Elle fabrique des biens (vêtements, objets…) à partir de matières premières (cuivre, fil de coton…). Pour cela, il faut une certaine somme d’argent pour investir dans la fabrication et les transports : le capital, qui souvent aux mains des bourgeois, des investisseurs. Les produits sont stockés dans un entrepôt puis transportés jusqu’au lieu de vente (petite boutique ou grand magasin…) grâce à des bateaux et des trains à vapeur qui sont essentiels pour transporter la marchandise à un prix convenable, sur de longues distances.

Les difficiles conditions de vie des ouvriers
Les ouvriers ont une vie particulièrement contraignante et difficile. Ils ne travaillent pas à l’heure, mais à la journée, sans vacances ! Il faudra attendre les luttes du Front Populaire en 1936 pour que les premiers congés payés apparaissent. Ils n’ont pas d’aides sociales, ce qui implique que lorsqu’ils se blessent à cause du manque de sécurité, ils sont automatiquement licenciés et sans indemnité, ils ne peuvent plus vivre. La nourriture représente 62% du budget d’un ouvrier, 12% pour l’habitation, 16% pour les vêtements et le reste du salaire sert aux dépenses imprévues. Les familles ouvrières du XIXe siècle, régulièrement composées de 5 personnes, vivaient dans des cités ouvrières aux maisons collées les unes aux autres, à l’intérieur d’un 23m² qui comporte deux pièces. Dans 80% des cas, l’habitation ne possède pas de lieu d’aisance (toilettes et salle de bain) : il n’y a ni électricité, ni eau courante. Les habitations sont construites à proximité de l’usine où travaillent les salariés pour les rendre plus disponibles. Mais à cause de la fumée des cheminées, cela provoque des épidémies comme la tuberculose ou la typhoïde.

La notion de sécurité et de protection de l’individu manque donc au XIXe siècle. Elle apparaîtra un siècle plus tard avec la domotique, qui permettra la fabrication de machines plus sécurisés pour protéger la vie les ouvriers et de la Sécurité Sociale qui offrira une couverture financière des dépenses de maladies aux Français.