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  • Marseille, une ville déchirée par les inégalités
[ Par Alice GALLAIS ]

On dit souvent de Marseille que c’est une ville pauvre. Pourtant, plus de 6000 contribuables paient l’impôt sur la fortune. Plutôt qu’une ville pauvre, Marseille est une ville inégalitaire : quartiers populaires délabrés dans le nord tranchent avec l’eldorado du sud.

Un contraste ahurissant
À Marseille, on a d’un côté 28% des habitants gagnent moins que les 950euros qui constituent le seuil de pauvreté et plus de 80% de la population est éligible au logement social. Mais de l’autre, Marseille est la quatrième ville de France en termes de contribuables soumis à l’impôt de solidarité sur la fortune. Leur patrimoine moyen s’élève à 1,73million d’euros, soit un total de 11,5milliards. Ce contraste n’est pas seulement visible au niveau du revenu, mais aussi au niveau du taux de chômage (35% pour les jeunes du nord et jusqu’à 50% dans certaines cités, contre 13,3% dans la zone riche Marseille-Aubagne) et du prix au m² (dans le 8ème, le prix au m² pour un logement neuf peut atteindre les 5200 euros contre 2950 dans le 15ème).

Un évènement représentatif du délaissement des quartiers populaires
Le 5 novembre dernier, deux immeubles se sont effondrés dans le quartier populaire de Noailles, entrainant la mort de huit personnes. L’un des immeubles appartenait à la mairie par l’intermédiaire de Marseille Habitat, et l’autre à une copropriété privée. Le premier avait été vidé car totalement délabré. Les fortes pluies, assez anormales pour la région, ont contribué à son effondrement. Sa chute a entrainé l’effondrement de l’immeuble voisin, lui habité. Les habitants ont tout de même témoigné de plusieurs fragilités de l’immeuble comme des murs fissurés ou des portes qui ne se fermaient plus, ce à quoi aucune administration n’a prêté attention. À la suite de ce drame, les marseillais ont décidé de manifester pour exprimer leur colère et leurs revendications. La manifestation, surnommée marche de la colère, a été anormalement réprimée de façon violente par les CRS. Laurie, présente à la manifestation raconte : ils frappaient toutes personnes qui se trouvaient sur leur chemin, manifestants ou simples passants, à coups de matraques au visage. Un ami crie  » il y a un blessé », le policier de la BAC lui répond  » je m’en bats les couilles ».

La moitié de la ville est laissée à l’abandon lorsque l’autre prospère dans la richesse. Il est évident qu’il est nécessaire de rétablir un certain équilibre et de lutter contre ces inégalités sociales afin d’améliorer la situation