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  • Les nouvelles victimes de guerre : les femmes violées
[ Par Betty Bonnet ]

En 2018, Denis Mukwege et Nadia Murad reçoivent le Prix Nobel de la Paix « pour leurs efforts pour mettre fin à l’emploi des violences sexuelles en tant qu’arme de guerre ». Ce mode d’attaque des populations s’est développé dans les années 1990 et fait rage dans les pays en conflit. Les victimes, massives, subissent une violence aussi bien physique que sociale. Cela permet aux groupes armés de prendre le contrôle de zones stratégiques.

Des viols massifs et d’une rare violence
Les viols comme armes de guerre sont apparus à la fin des années 1990. Ces viols sont d’abord massifs. En une nuit, dans un même village, environ 200 femmes sont violées. Généralement par plusieurs personnes. Les victimes ne sont pas choisies selon leur âge : celles rencontrées par le médecin Mukwege allaient de 6 mois à plus de 80 ans. Par ailleurs, ces viols sont d’une extrême violence. En effet, les auteurs torturent leur victime en recourant aux armes à feu, blanches ou chimiques. De plus, ceux-ci ont des victimes indirectes : les proches sont contraints d’assister à ce moment d’humiliation.

Des impacts sociaux et psychologiques sur les victimes
Ces attaques ont des conséquences désastreuses. D’une part, les maladies sexuellement transmissibles comme le Sida prolifèrent, tout comme le nombre de grossesses non désirées. De plus, les hôpitaux se remplissent pour traiter les cas de lésions génitales, causées par l’utilisation des armes. D’autre part, les victimes souffrent d’une destruction de leur vie sociale. Le parent violé devant son enfant ou le religieux devant ses fidèles perd toute estime de lui. Les adolescentes, déviergées, sont convaincues de « ne plus exister ». La stigmatisation entraine un isolement, des troubles internes, des retards scolaires et une forte tendance au suicide.

Des violences sexuelles comme armes de guerre
Les conséquences du viol sont les mêmes que celles des armes traditionnelles. En premier lieu, les communautés terrorisées fuient leur région. Ce dépeuplement permet aux forces armées de prendre le contrôle de nouvelles terres. Les zones choisies ont un intérêt économique : elles sont en général riches en minerais. En second lieu, les victimes ne peuvent plus travailler. Lorsque les femmes d’un pays portent une grande partie de l’activité économique, il n’est plus possible d’espérer la moindre croissance. En termes démographiques, les décès se multiplient à travers le Sida et la prise en charge tardive des victimes.