[ Par Hugo Bernard ]

 

« Vendus », « BFMacron » sont des qualificatifs de plus en plus employés par les utilisateurs des réseaux sociaux, pour décrire les médias traditionnels tels que les journaux ou la télévision. On peut donc légitimement s’intéresser à l’origine de cette méfiance ainsi qu’à sa pertinence.

Une information de plus en plus rapide mais de moins en moins fiable
Dans une société hyperconnectée dans laquelle l’information circule de plus en plus vite, les médias doivent s’adapter à cette nouvelle ère, afin de rester compétitifs. Cette course à l’information particulièrement exacerbée sur le petit écran, au travers des chaînes d’information en continu, est souvent synonyme d’informations peu fiables. En témoigne certains exemples récents, à l’image de l’arrestation d’un individu confondu avec Xavier Dupont de Ligonnès, lors de son arrivée à l’aéroport de Glasgow. Bien que ces chaînes soient attentives à éviter toute affirmation trop hâtive, il n’en reste pas moins que le martèlement incessant de celles-ci, rend la frontière entre informations et rumeurs extrêmement floue. Cette tendance se fait plus rare dans le milieu de la presse écrite, mais on peut tout de même relever la fausse annonce de la mort de Martin Bouygues par l’Agence France Presse, suite à un quiproquo avec le maire de la commune de Saint-Denis-sur-Sarthon.

 

Origine sociale et critique envers les journalistes
La presse écrite n’est pas épargnée non plus, en effet, de nombreuses critiques sont faites sur l’origine sociale des journalistes. Ceux-ci proviendraient essentiellement des classes moyenne-supérieures et des classes supérieures. Ils présenteraient par conséquent une vision biaisée des informations, ne tenant pas compte de certaines préoccupations propres aux classes populaires. Cette méfiance est également due à un phénomène de politisation des médias, bien que certains médias se revendiquent ouvertement d’un certain bord politique, d’autres qui ne se positionnent pas se voient de plus en plus associés à une couleur politique. Ce phénomène est particulièrement marqué en période électorale. En effet les politiciens en campagne n’hésitent pas à s’en prendre à l’intégrité des journalistes afin de gagner en popularité ou à se placer en position de victime afin d’éviter certaines questions qui pourraient leur être nuisibles. Ainsi lors de la campagne présidentielle de 2017 ; Marine Le Pen, candidate d’un parti populiste, n’hésite pas à dénoncer les médias du groupe SFR Media, dans lesquels figurent notamment BFM-TV. Ces médias soutiendraient selon elle, son rival à la présidence de la république : Emmanuel Macron.

 

Une indépendance des médias de plus en plus rare
De plus l’indépendance des organes de presse se ferait de plus en plus rare. Selon un article du Canard enchaîné, seuls 4 journaux papiers sont toujours indépendants aujourd’hui, à savoir le Canard enchaîné, l’Humanité, La Croix ou encore Charlie Hebdo. Cette possession des médias par de grands groupes laisse légitimement place à de la méfiance vis-à-vis des informations communiquées par ces médias. Sont-elles objectives ? Ou bien favorisent-elles les intérêts de ces groupes ? Quel est le degré de liberté laissé aux journalistes lors de la rédaction de leurs articles ? Certains patrons de grands groupes n’hésitent d’ailleurs pas à utiliser ces médias afin d’influencer la législation notamment lors de l’abandon de la taxe à 75 % des revenus ou sur le maintien du CICE.

 

C’est d’ailleurs cette appartenance des médias à de grands groupes qui explique partiellement la 45è place de la France au classement mondiale la liberté de la presse.