[ Par Loan Abdesselam ]

Les écrans sont de plus en plus présents dans nos vies. Que ce soit par l’utilisation des smartphones, des ordinateurs, des tablettes ou des jeux vidéo. Mais leur utilisation est-elle réellement un problème, notamment pour le développement du cerveau chez l’enfant ?

De nombreuses études, et ce depuis plusieurs années, sont allées dans ce sens. C’est par exemple, l’avis de Michel Desmurget, directeur d’étude au CNRS, qui estime, le 23 octobre 2019, que « La multiplication des écrans engendre une décérébration à grande échelle ». Cette affirmation est corroborée par une étude réalisée le 4 novembre dernier, où des chercheurs ont questionné de nombreux parents d’enfants âgés de 3 à 5 ans sur leur utilisation des écrans. Ainsi, après leur avoir fait passer des tests de langage et de mathématiques, ils se sont rendus compte que plus les enfants étaient exposés aux écrans plus ils éprouvaient des difficulté de langage. Une autre étude significative a été réalisée par des chercheurs américains en décembre 2018, durant laquelle ils ont montré que l’utilisation d’un écran pendant plus de 7 heures par jours présentait « un amincissement prématuré du cortex », signe selon eux d’un vieillissement prématuré du cerveau.

Cependant toutes les études ne vont pas dans ce sens et certaines même contredisent complètement ces résultats. C’est par exemple le cas d’une étude réalisée sur 13 adolescents qui jouaient moins de 4 heures par semaine aux jeux vidéo et 13 autres qui jouaient plus de 4 heures. Il a ainsi été montré que, alors qu’ils effectuaient certaines tâches dans le même temps, les joueurs réguliers possédaient des capacités mentales légèrement supérieures. Nous pouvons cependant regretter le nombre trop réduit d’individus observés, qui nous pousse à être méfiants envers les résultats obtenus.

Il a de plus été prouvé que les consommateurs réguliers de jeux vidéo possédaient une meilleure vision globale au quotidien et une meilleure synchronisation des mains et du cerveau, ce qui est facilement compréhensible.  Une autre observation découlant de la pratique des jeux vidéo est une amélioration de la concentration. En effet, après une heure passée à jouer, les individus habitués à cette pratique se concentrent et analysent l’information de façon plus pertinente que les individus non habitués. Cependant, cette étude publiée dans Frontiers in Human Neuroscience ne prouve pas que ces effets bénéfiques puissent être durables dans le temps.

Ainsi, il est encore aujourd’hui très compliqué de savoir si les écrans ont un quelconque effet, qu’il soit positif ou négatif, sur le cerveau des plus jeunes. Cependant, de nombreux chercheurs s’accordent à dire que les jeux vidéo n’ont aucun impact directe sur le cerveau, mais que leur utilisation à haute dose entraînerait des troubles du sommeil, qui eux-mêmes causeraient des dégâts cérébraux. Autrement dit, utilisés avec parcimonie, les écrans et jeux vidéo seraient bénins pour le cerveau de l’enfant et son développement.