[ Par Antoine NEYEN ]

Depuis quelques années, les passages de frontières pour trouver hors de l’Hexagone la quiétude et la dignité offertes par une mort programmée sont de plus en plus nombreux.  En effet, bien que 90% des Français soient favorables à la légalisation du suicide assisté, cette méthode reste toujours interdite, en grande partie sous la pression importante du Vatican et de divers lobbys religieux. Ainsi, certaines personnes âgées font le choix de partir à l’étranger pour mettre fin à leurs jours de manière volontaire et programmée, notamment en Suisse où la législation en vigueur l’autorise.

Qu’est-ce qui peut pousser un individu à avoir recours au suicide assisté ?
Dans la plupart des cas, les raisons invoquées par les personnes concernées renvoient à la situation de perte d’autonomie et de dépendance qui s’installe à partir d’un certain âge. L’exemple de Jacqueline Jencquel, une parisienne de 74 ans qui a décidé de se donner la mort en janvier 2020 en Suisse, est particulièrement médiatisé en France. Alors qu’elle n’est atteinte d’aucune maladie dégénérative, Jacqueline considère que la dégradation – physique ou psychique – inéluctable liée à la vieillesse et la peur d’être infantilisée sont à l’origine de son choix.

Quel est l’état de la question en France ?
Comme le démontre une étude de l’Inspection générale des affaires sociales, plus de la moitié des Français meurent en établissement de soins alors même que la prise en charge de la mort ne fait pas partie de leurs missions.  Alors qu’aucune solution n’existe en France pour les personnes souffrant de maladies incurables, les défenseurs du suicide assisté placent beaucoup d’espoir dans la proposition de loi formulée par le député Jean-Louis Touraine pour le droit à l’euthanasie, même si celle-ci ne concerne que les patients à l’agonie et ne prend donc pas en compte ceux qui, à l’instar de Mme.Jencquel, ne souhaitent pas en arriver à ce stade.