[ Par Simon Renard ]

 

L’horloge de l’apocalypse, un indicateur chargé d’évaluer la menace nucléaire, est maintenant placée deux minutes et demie avant la fin du monde. Cet indicateur reste vague mais il montre cependant le climat de tension qui existe au niveau de l’armement nucléaire, notamment avec les exhibitions fréquentes de missiles nucléaires en Corée du Nord.

Historique de la menace nucléaire
La première arme nucléaire a été produite durant la seconde guerre mondiale dans le cadre du projet Manhattan. La première bombe nucléaire est testée lors de l’essai Trinity le 16 juillet 1945 avant que le président Harry Truman ne décide de larguer deux bombes nucléaires sur Hiroshima le 6 août 1945 et Nagasaki le 9 août 1945. Ce sont à ce jour les deux seules armes nucléaires utilisées sur un objectif civil. L’arme nucléaire est depuis – particulièrement durant la guerre froide – devenue une arme de dissuasion servant surtout a étaler sa technologie militaire aux yeux des autres nations.

Notons tout de même que les bombes larguées sur Hiroshima et Nagasaki qui ont tué au total environ 200’000 personnes avaient une puissance équivalente respectivement à 15 et 21 kilotonnes de TNT. A titre de comparaison la bombe atomique Tsar Bomba testée par l’union soviétique en 1961 est la plus puissante jamais testée : elle possédait une puissance de 57 000 kilotonnes de TNT.

 

 

Le traité de non-prolifération nucléaire
A la suite des événements de la seconde guerre mondiale, la communauté internationale à pris conscience du danger représenté par les armes nucléaires, ce qui l’a poussée a créer l’Agence Internationale de l’énergie atomique (AIEA) en 1956. Quelques années plus tard, en 1968, est signé le Traité de non-prolifération nucléaire. Ce traité stipule que les pays possédant déjà l’arme nucléaire à l’époque (France, États-Unis, Royaume-Uni, Chine, URSS) ne doivent pas aider un autre pays à se la procurer, tandis que les autres pays ne doivent pas tenter de l’obtenir. Ce traité à été à ce jour signé par 189 états dont les cinq cités plus haut ainsi que par la Corée du Nord qui s’en est retiré en 2003. Cependant plusieurs pays ont choisi de ne pas ratifier le traité, dont l’Inde et le Pakistan, ainsi que Israël qui ne laisse filtrer que peu d’informations concernant son stock d’ogives nucléaires. En effet, Israël est enlisé dans le conflit avec la Palestine et souhaite conserver une force de dissuasion vis-à-vis de ses adversaires.

On voit donc que ce traité censé assurer la sécurité du monde concernant la menace nucléaire semble peu efficace puisque ne regroupant pas tous les pays dotés de l’arme nucléaire. De plus il semble évident que si la situation devenait critique, les pays possesseurs de l’arme nucléaire n’hésiteraient pas à sortir du traité comme l’a fait la Corée du Nord.

A titre d’exemple, que se passerait-il en cette époque de tension avec la Corée du Nord si le président Américain Donald Trump trouvait une raison pour retirer les États-Unis du traité comme ce fut le cas avec l’accord sur le nucléaire Iranien ?

 

 

L’arme nucléaire aujourd’hui
Aujourd’hui, neuf pays sont reconnus comme possédant l’arme nucléaire : les États-Unis et la Russie qui possèdent près de 7’000 ogives nucléaires chacun, ainsi que le Royaume-Uni, la France, la Chine, l’Inde, le Pakistan et Israël qui ont tous quelques centaines d’ogives nucléaires. Le dernier pays à posséder l’arme nucléaire est la Corée du Nord mais les chiffres sont incertains au vu du manque de données existant sur cet état.

Ces chiffres paraissent assez impressionnants, d’autant plus que récemment, les tensions entre les grandes puissances mondiales sur la question du nucléaire sont exacerbées. En effet, depuis l’accession au pouvoir de Kim Jong-un en 2011 en Corée du Nord, la politique de développement du nucléaire s’est fortement accélérée dans le pays. D’autre part, la position de la Russie est depuis quelques temps jugée de nouveau menaçante suite à l’annexion de la Crimée en 2014. Comme nous l’avons vu, la position d’Israël vis-à-vis de l’armement nucléaire reste relativement floue, ce qui peut sembler inquiétant dans le cadre du conflit Israélo-palestinien.

On se situe donc actuellement dans une situation de tension nucléaire qui ne laisse pas entrevoir un désarmement nucléaire dans les années à venir. On peut même se demander ce que certains états dirigés par des chefs d’états aux prises de position controversées tels que Donald Trump, Vladimir Poutine ou Kim Jong-un pourraient décider de faire de l’arme nucléaire dans les années à venir.

Pour bien se représenter la menace, le site outrider a mis en place un simulateur de bombes atomiques qui nous permet par exemple de nous rendre compte que si une bombe nord-coréenne d’une puissance équivalente à 240 kilotonnes de TNT était larguée sur New-York, elle ferait environ un million de victimes et un nombre équivalent de blessés.