[ Par Thomas VERCRUYSSE ]

Le massacre de San Fernando ? Cela ne vous dit sûrement rien ? Il y a quelques minutes moi non plus…

Une guerre contre la drogue
San Fernando est une ville du Mexique à une dizaine de kilomètres de la frontière avec le Texas. Située dans une région contrôlée par Los Zetas, un cartel créé en 1999 qui était à l’origine le bras armé du cartel du Golfe avant de peu à peu s’émanciper à partir de 2003. En 2006, l’État Mexicain – avec à sa tête le président Felipe Calderón tout juste élu – décide de mener une guerre ouverte contre les narcotrafiquants dont fait partie le cartel de Los Zetas, ce qui a entraîné en répercussion le massacre de San Fernando en 2011.

Un trajet en bus pas comme les autres
Le 6 Avril 2011, les autorités mexicaines vont retrouver une première fosse commune composée de 59 corps sans vie. Ce sont les premiers corps retrouvés des massacres perpétués après le détournement de bus entre le 24 et le 29 Mars 2011. Le seul récit de ces massacres est un témoin qui a assisté aux faits le 25 Mars. Ce jour-là, il se retrouve avec une quinzaine d’autres passagers qui, comme tous les jours, se rendent en bus à Reynosa, une ville industrielle à la frontière avec les Etats-Unis. Ils se font alors intercepter sur l’autoroute par un groupe armé, pris en otage et emmené dans un ranch « au milieu de nulle part » où d’autres bus roués de balles étaient déjà présents.

Morales, un chef de guerre sans pitié
Ils font descendre les hommes du bus, les plus faibles sont attachés et emmenés à l’écart. Pour les autres le pire reste à venir puisque Miguel Trevino Morales, un des chefs de Los Zetas, vient leur parler et leur annonce qu’ils vont vérifier qui sont les plus forts et ceux qui veulent vraiment survivre. Il va alors leur donner des battes et des clubs et leur ordonner de se battre. Quand un des hommes s’urine dessus et le supplie de le laisser partir, Morales lui répond alors « pars, idiot » mais lorsque celui-ci se retourne il le frappe jusqu’à ce que sa tête soit complètement détruite.

Une cruauté inhumaine
Dans un même temps, les membres de Los Zetas vont violer les femmes qu’ils considèrent comme les plus jolies et tuent leurs enfants à l’aide d’acide. Ils vont aussi prendre le conducteur, lui ordonner de rouler avec son bus sur les hommes qui avaient été attachés – le témoin raconte même qu’on entendait les os craqués- puis vont l’assassiner d’une balle dans la tête. A la fin de cette tuerie, Morales se dirige vers les vainqueurs et leur dit « bienvenue chez Los Zetas ».

Mais des faits qui restent encore peu médiatisés
Des corps seront retrouvés jusqu’au 7 Juin, ce qui fera monter le total de victimes de ces tueries à près de 193 personnes. Tous ces massacres ont été perpétué à moins de 90 minutes de la frontière américaine, et au vu du récit de ce survivant, ils ont été d’une cruauté sans pareil. Pourtant, il m’a fallu attendre un jour d’Octobre 2018 en lisant un article de Topito, un site pourtant destiné à la distraction plus qu’à l’information, pour entendre parler de San Fernando. Est-ce normal ? Non. Pourquoi n’en ai-je pas entendu parler avant ? A suivre…