[ Par Selma EL HASNAOUI ]

À l’école, un élève peut subir des moqueries et en souffrir. Si ces moqueries se répètent, on peut parler de harcèlement moral : une violence qui se développe dans la durée, qui vise à mettre la personne qui subit le harcèlement mal à l’aise.

L’impact sur la confiance en soi
Les conséquences sont diverses : cela peut entraîner une dépression chez celui ou celle qui est harcelé ou plus simplement, une perte de motivation due au manque de confiance, au sentiment d’être rejeté. Le harcèlement moral vise à détruire psychologiquement la victime, à l’humilier, même si ce n’est pas toujours conscient. Le harceleur ou la harceleuse peut se moquer du physique, de la personnalité de sa victime, d’un handicap, de la taille, du poids, de la couleur des cheveux. Le harcèlement ressemble à de la moquerie mais va bien plus loin parce qu’il s’installe dans la durée, parce qu’il se répète et qu’il atteint la victime au cœur de sa personnalité : à l’adolescence, cela peut être désastreux.

Une histoire tristement banale
Rémi est élève au collège Rosa Parks : je l’ai interrogé. « Cela s’est passé en sixième, pendant presque toute l’année scolaire. On s’est moqué de mon physique, de mon style vestimentaire, de ma coiffure. Souvent, c’était des élèves de quatrième. À peu près tous les jours on m’insultait, on m’infligeait des petites moqueries, en continu. » Rémi n’en a pas parlé autour de lui ni à la CPE ou à ses parents car il pensait que cela était « normal », que c’était un « jeu entre amis ».

Il n’y a pas de profil type
Les victimes sont difficiles à identifier. Ce sont des filles et des garçons comme les autres qui n’ont rien fait de particulier et qui sont devenus les cibles de harceleurs pour des raisons tout à fait injustes. Souvent, c’est à cause de leur apparence physique, de leur comportement, de leurs centres d’intérêt ou de leur réputation. Ce qui est important à retenir, c’est que n’importe qui peut être concerné. Donc, il ne faut se sentir coupable d’être harcelé, ce n’est pas notre faute. Pour en sortir, l’essentiel est d’accepter d’en parler pour trouver l’aide dont on a besoin et ne pas se sentir seul. Il nous faut apprendre à veiller les uns sur les autres.