[ Par Betty BONNET ]

Avec 210 millions d’entrées en 2017, selon le Centre National du Cinéma (CNC), le cinéma est une forme culturelle des plus populaires en France. À l’heure où les discriminations sociales et la violence sont omniprésentes, les images vues au cinéma sont parfois pointées du doigt comme responsables. En effet, le spectateur, dans une salle noire, ne choisit pas d’être soumis aux procédés cinématographiques, a fortiori quand il est plus jeune. En touchant une grande partie de la population et avec un effet de groupe, son influence peut être massive.

La soumission du spectateur
Le cinéma touche son spectateur. En effet, d’une part, le réalisateur crée des personnages qui sont proches du spectateur et qui l’émeuvent : personnages et spectateurs partagent une histoire, une aventure ensemble. Ensemble ? Oui ! Qui ne s’est jamais imaginé aux côtés de son acteur préféré, comme Jake Sully dans Avatar. D’autre part, la mise en scène, à travers langages, sons, images et interactivités, donne lieu à une interprétation. Dans Avatar, la planète Pandora, envahie par les humains, rappelle l’importance de la protection de son environnement.

Les jeunes, cibles faciles
Le cinéma influence plus particulièrement les jeunes, notamment dans leur construction identitaire de genre, même si cette influence semble moins forte aujourd’hui. Cendrillon (1950) fait le ménage, la vaisselle et cherche son prince charmant. Peter Pan (1953), malin, prend des risques et sauve Wendy. Dans ces mêmes dessins animés, les héroïnes, jeunes, ont souvent des tailles très fines. Plus récemment, la tendance s’est inversée avec Vaiana, héroïne tahitienne, aux formes plus proches de la réalité. Pour les adolescents, l’influence se poursuit. Dans Hunger Games (2012), Katniss Everdeen est courageuse, intelligente, honnête, modèle qui influence aussi bien les garçons que les filles.

L’influence dans la réalité
Ainsi, le jeune spectateur s’inspire d’une multitude de films. Plus tard, ses décisions seront prises en prenant en compte ce qu’il pense savoir, grâce à ce qu’il a pu voir. De cette manière, le grand public réagit en société en ayant été influencé par le cinéma. BlacKkKlansman (2018) montre les images de haine raciale aux États-Unis. Le réalisateur Spike Lee fait référence à un des « chefs d’œuvres » de Hollywood : Naissance d’une nation, resté pendant 25 ans numéro un au box-office mondial. Les Noirs sont présentés comme des personnes dangereuses tandis que les membres du Ku Klux Klan sont glorifiés. S’en est suivie une vague de protestations pour motif de « trouble à l’ordre public ».

Le cinéma est un mode de communication pour des artistes qui veulent toucher un large public. Le long-métrage de Robin Campillo, 120 battements par minute, fait résonner le mouvement de lutte contre le SIDA Act Up. Thelma et Louise de Ridley Scott, au cœur de la bataille pour l’égalité hommes-femmes, place l’émancipation de la femme comme sujet primordial. Au-delà d’un simple influenceur, le cinéma jouerait le rôle d’un média, cherchant à répandre la connaissance et illuminer les esprits.