[ Par Laurine BONIN ]

Agressions, humiliations, insultes sont le quotidien de plusieurs enfants à l’école. Aujourd’hui, en France, près d’un élève sur dix est victime d’harcèlement scolaire. A l’occasion de la journée nationale de lutte contre toutes les formes de harcèlement, il semblerait important de comprendre comment le harcèlement brise-t-il encore la vie de nombreux élèves.

Les réseaux sociaux : un outil inquiétant
Alors que le harcèlement scolaire existait bien avant l’ère des réseaux sociaux, aujourd’hui, Facebook, Twitter ou encore Snapchat sont de véritables outils dévastateurs où haine et violence semblent devenir naturelles. L’aspect virtuel donne aux harceleurs un sentiment de toute puissance. Derrière leurs écrans, les menaces et les insultes vont plus loin, elles sont partagées, commentées et « likées ». Seulement, ce virtuel est vu comme bien réel pour les victimes et les conséquences sont accablantes. 

Des conséquences alarmantes
Le renfermement des victimes d’harcèlement n’aide pas leur entourage à les aider : souvent, parents et équipe enseignante se retrouvent dépassés par les situations et ne parviennent pas à venir en aide à leurs proches. Parfois, ils ignorent même ou ne veulent pas croire au fait que leurs enfants puissent être le bouc-émissaire de tout un groupe. Ainsi, les victimes se retrouvent seules et surmonter une telle épreuve devient presque impossible.  C’est environ un quart des adolescents harcelés qui ont déjà pensé au suicide et certains sont même passés à l’acte, ne sachant plus comment échapper à la honte et au chagrin.  Et, vivre après ce calvaire est souvent très difficile voire insurmontable. Reprendre une vie « normale » est quasi impossible, les blessures semblent imprégnées à jamais. 

Des actes, des actes
Si la prévention et la discussion sur le sujet s’intensifient à l’école, de véritables actions devraient être prises pour limiter les risques. Il serait nécessaire d’exposer des cas « concrets » et des témoignages aux enfants : les récents et poignants films, tirés d’histoires vraies et diffusés à la télévision notamment Le jour où j’ai brûlé mon coeur réalisé par Christophe Lamotte ou Marion 13 ans pour toujours de Bourlem Guerdjou pourraient leur faire prendre conscience des conséquences tragiques de leurs actes, autant pour les harceleurs que pour les harcelés. Mais, il ne faut pas oublier que la famille et notamment les parents, acteurs principaux dans l’éducation de leurs enfants, pourrait avoir un rôle important : en discuter ensemble et poser des règles afin de comprendre, dépasser et vaincre ce phénomène social.