[ Par Clément Soulignac ]

Charlotte Marchandise, élue à la Mairie de Rennes à la santé et à l’environnement, a accepté d’échanger lors de cet entretien sur le sujet de la santé et de la mondialisation.

Aux commandes de la politique de santé publique de la ville de Rennes et investi dans le développement d’une approche de la santé dans toutes les politiques publiques, elle est aussi présidente du Réseau Français des Villes Santé de l’OMS au niveau national et aussi membre du groupe de vision politique Réseau Européen des Villes Santé au niveau international. C’est grâce à ses nombreuses étiquettes qu’elle a eu l’occasion de voyager dans de nombreux pays. Lors de ses déplacements elle a notamment travaillé sur les questions de santé publique et a ainsi pu observer comment se passe la coopération entre les pays et l’impact de la mondialisation à l’échelle locale sur ces questions.

Un jeune couple Sofia (Leila Bekhti) et Paul (Edouard Baer) possédant de forts idéaux progressistes emménagent dans une maison à Bagnolet, banlieue  de Paris. La jeune femme retrouve complètement son univers puisqu’elle habitait au 14ème étage dans l’immeuble situé derrière cette maison. Elle est avocate à Paris et par la suite aura une promotion pour une mauvaise raison, qui ne l’aidera pas à se développer. Lui joue de la batterie – c’est l’ancien batteur des Bérurier Noir,  groupe de punk-rock alternatif des années 80. Leur enfant nommé Corentin est à l’école élémentaire publique où la mixité sociale prime. La devise du couple, c’est « Vive le pacte républicain et les chances pour tous. » C’est du moins, ce qu’ils aiment à le penser. Le couple remarque que beaucoup de voisins, de connaissances quittent l’école public pour l’école privée, en prétextant un meilleur niveau et en mettant comme conclusion un meilleur avenir. 

À ces mots, Sofia et Paul sont scandalisés par cette idée. Quelques temps plus tard, leur enfant semble ne pas se sentir bien au sein de son école,  ses copains sont partis, un à un. Ils essaient de comprendre et pensent que certains élèves le harcèlent. Les doutes s’installent, pourquoi ne pas le mettre aussi dans le privé ? Le père et la mère sont en désaccord. Lui revoit ses idéaux en tentant un RDV avec le directeur de l’école privé nommé St-Benoît. C’est un échec total. Ils tentent de s’intégrer mieux en invitant des parents de l’école public pour faire un dîner. Mais là encore trop d’incompréhensions mutuelles. Entre les religions, les valeurs, l’éducation, la façon d’être libre des uns et des autres, les diversités semblent trop grandes. 

La mère commence a se mentir, invente qu’elle est mariée, ne dit pas qu’elle est avocate, croyant mieux s’intégrer. Le père, lui ne veut pas changer et tient bon à ses idéaux : « Tu dis tout le temps il faut qu’il y ait de la mixité, il faut qu’il y ait de la mixité, mais si il n’y a pas de mixité alors on ne peut pas avoir de mixité, pour qu’il y ait de la mixité il faut qu’il y ait de la mixité, tu vois ? – Oui. » Les autres aussi doivent être ouverts et tolérants.  Seul, le directeur de l’école lutte pour faire que les différences se mêlent entre elles avec difficulté cette mais… Après diverses rebondissements, les enfants jouent ensemble et les parents se respectent. 

 

On voit tout de suite que le thème est le vivre ensemble, l’intégration de tous sans se mentir ou renier ses idéaux et que l’aide, la tolérance mutuelle aident à vivre ensemble. Pendant à peu près 45 minutes, on pense tenir le film de l’année où du moins du début de l’année. Une comédie socio-politique qui est dans l’actualité, qui aussi fait polémique. Un flottement réel s’installe, mélangé d’humour de poésie sociale, avec à la fin une envie de réfléchir. Comme toujours le réalisateur, Michel Leclerc, réalisateur de Le nom des gens a su presque naturellement reproduire une de ses capacités de mélanger politique, tendresse et humour. Il est question cette fois-ci de l’école et surtout de nos idéaux, de nos préjugés et délires quand il s’agit de confier nos enfants à une institution qui dévisse. 

Sofia et Paul partent vivre en banlieue et mettent leur enfant dans le collège public. Ce qui paraissait au début totalement naturel va se révéler chaotique, puis héroïque … L’ensemble est attachant et regorge de trouvailles, de rebondissements et de chouettes moments cinématographique (la fête de quartier où tous les mecs ont la trace de rouge à lèvres sur la joue laissée par Sofia).  Michel Leclerc (il apporte des clichés idéalistes et moralisateurs. Mais comme dans Le Nom des gens, il faut reconnaître qu’à force de tirailler à la fois sur la société, sur notre époque mais aussi sur nous, le film dégage quelque chose de sympathique et une espèce de noirceur, qui finit par s’effacer offrant un film touchant, drôle et progressiste. Peut-être pas le grand film de l’année, ou du début d’années, mais pendant un instant, un touchant moment de plaisir. Edouard Baer et Leila Bekhti sont impeccables dans leurs rôles, l’un dans un rôle de quinqua punk progressiste, radical sur ses principes, et l’autre choisissant l’intégration par le mensonge, le dénie d’elle-même et voulant cacher sa réussite professionnelle et personnelle . 

Des deux personnages décrits précédemment, mon « chouchou » est Baer. Il vit son rôle complètement ; il est très reconnaissable non seulement par son look, son humour décalé mais aussi pour ses espèces de tirades candides. On sort de cette séance de cinéma joyeux, pensif, rempli d’espoir. Quel bon moment !