[ Par Diane Köhler ]

 

À l’origine imaginé pour permettre à des étudiants de retrouver leurs anciens camarades, le premier réseau social fut baptisé « Classmates ». Son arrivée en 1995 a été perçue comme un grand bouleversement.

La métamorphose
Ce n’est que neuf ans plus tard que le désormais leader des réseaux sociaux Facebook vit le jour. En effet, son fondateur le multimilliardaire Mark Zuckerberg est parvenu en dix ans à en faire le plus important d’entre eux, atteignant près de 2 milliards d’utilisateurs dans le monde. Cependant, son emploi modifiera au fur à mesure des années. Il passera d’un espace d’échange pour les étudiants d’Harvard à un formidable outil de communication et d’information pour finir en parfait lieu de propagation où l’on retrouve de plus en plus de haine.

Toujours plus de haine
Les très populaires Facebook, Twitter, Instagram ou encore Snapchat finissent par devenir des places publiques où le déversement de haines et d’insanités rime avec banalité. Par conséquent, ce phénomène qui ne cesse de croître ne fait que confirmer leur triste réputation. Certaines personnalités publiques fondamentales pour ces géants du numérique ont décidé de les quitter et certains de prendre la parole. C’est le cas pour Xavier Dolan lors d’un entretien pour le média Konbini : « Les gens sur Twitter et sur les réseaux sociaux en général sont tellement violents […] ils y sont plutôt que de complimenter, plutôt que de discuter, plutôt que d’argumenter à détruire. C’est ça pour moi les réseaux sociaux. C’est probablement juste le pire de notre époque. Évidemment il y a des rencontres qui se créent et des relations, une visibilité à certains problèmes et à certaines causes. Mais l’héritage qui est le plus concret dans notre culture c’est vraiment la haine ».

La ligue du LOL
Au contraire de certaines personnes influentes qui, jouant de leurs statuts, se sont mises à y cyberharceler certains internautes, des femmes en majeure partie. Ces affirmations concernent un club Facebook privé exposé sous le nom de « ligue du LOL ». Les faits, bien qu’orchestrés sur ce réseau hébergeur, se déroulaient sur Twitter. En effet ce sont des dizaines de personnes qui se sont vues au cours de longs mois submergées de critiques et inondées par l’angoisse. Une des victimes a décrit le « profil » des hommes pris pour cibles qui d’après ses dires ne correspondaient pas aux normes idéales de la virilité, des personnes LGBT+, d’autres personnes racisées. L’affaire, révélée par le journal Libération du 8 février dernier, a débuté à la fin des années 2000, en 2008 plus précisément. C’est Vincent Glad, journaliste indépendant, qui décide de réunir « une trentaine de personnes, pour la plupart issues de nombreuses rédactions parisiennes, du monde de la publicité ou de la communication » souligne ce même journal. L’article publié par Checknews (chronique issue du journal Libération) a révélé qu’il était également question d’actes d’humiliation directs, sans utilisation de quelques réseaux que ce soit, dans la vraie vie.

Les réseaux sociaux sont donc une des causes de la haine grandissante en France et dans le monde. Le gouvernement français essaye tant bien que mal de gérer aux mieux les utilisateurs pour empêcher que d’autres groupes comme la « Ligue du LOL » ne voient le jour, et s’ils existent, les supprimer. Légiférer sur ces derniers leur permettrait de rester un espace de liberté et d’échange sans toute cette haine.