[ Par Louisa Crosnier, Léa Pradaud, Clara Beche, Zoé Villa, Appoline Moizan et Juliette Provost ]

 

Les collégiens et les lycéens n’ont qu’un accès restreint à l’exercice démocratique. Comme tout citoyen, ils bénéficient toutefois de la possibilité de s’exprimer librement. Quand ils se mobilisent, leur action peut s’avérer déterminante.

Questionner les jeunes
Dans le cadre de sa participation à la soirée des Tribuns de la République, le collège Échange a mené un sondage auprès d’un tiers de ses élèves (sur un total d’environ 400) afin de mieux comprendre leur ressenti vis-à-vis de l’exercice démocratique. D’après ses résultats, plus de 7 élèves sur 10 estiment que leur voix compte moins que celle d’un adulte. Les collégiens ont pourtant plein de choses à dire et ils souhaiteraient qu’on les écoute avec plus d’attention. C’est l’un des résultats saillants de ce sondage. L’environnement, l’égalité des sexes ou encore la pauvreté et l’exclusion sociale sont les thèmes qui préoccupent plus particulièrement les collégiens. Comment imaginer qu’ils puissent peser dans ces débats alors même qu’ils n’ont pas encore la possibilité de voter ? Parmi les élèves interrogés, 7 sur 10 pensent qu’il existe plusieurs autres moyens pour s’exprimer en démocratie que de glisser un bulletin dans l’urne. Force est de constater que l’actualité, récente et moins récente, leur donne raison.

Quand la jeunesse se mobilise
Exemple avec le mouvement initié par Greta Thunberg, une lycéenne suédoise qui n’a plus besoin d’être présentée. Depuis plusieurs mois, chaque vendredi elle manque l’école et se rend devant le parlement de Stockholm pour protester contre l’inaction de nos gouvernants dans la lutte contre le réchauffement climatique. On sait tous le retentissement qu’a eu son initiative. À 16 ans seulement, elle a déjà bien compris que les choses ne bougeront que si la pression vient d’en bas. D’en bas, c’est à dire de nous, les jeunes qui seront dans le futur directement concernés par les conséquences du réchauffement climatique. Si on y regarde de plus près, les initiatives de ce type sont nombreuses. En mars 2018, Emma Gonzales, l’une des survivantes de la tuerie de Parkland aux États-Unis (17 personnes assassinées), a prononcé un discours poignant à Washington appelant à un contrôle plus strict des armes à feu. « Battez-vous pour votre vie avant que quelqu’un ne le fasse pour vous », a-t-elle conclu en quittant la scène.

Emma, Greta, Malala et les autres
En 2014, Malala, une jeune Pakistanaise alors âgée de 17 ans, est devenue la plus jeune lauréate d’un prix Nobel (de la paix en l’occurrence) pour son combat contre l’oppression des enfants et pour le droit de tous les jeunes à l’éducation. En Algérie, c’est la mobilisation des étudiants, entre autres, qui a poussé à la démission le président Bouteflika. En 68, ce sont les jeunes qui ont initié le mouvement qui a contraint le général de Gaulle à organiser un référendum puis à quitter son poste. À plus petite échelle, la nôtre, le journal que nous préparons chaque lundi au collège, comme tous les autres journaux publiés dans les différents établissements scolaires – ils sont nombreux dans le bassin rennais –, participent aussi à la possibilité pour les élèves d’exercer leur droit de parole. On n’a certes pas la possibilité de voter, mais on a celle de s’exprimer.

Notre participation à la soirée des Tribuns de la République va dans le même sens puisqu’elle nous offre une occasion unique d’apporter notre voix au débat sur la démocratie. La liberté d’expression est un droit qui ne s’use que si on ne s’en sert pas, dit l’adage… Nous aurions tort de nous en priver !