[ Par Anna Vasselon, Solène Soubeyran, Marie Colléaux, Agnès Lagroye, Charlotte Bazin, Even Kerfriden, Malo Morier-Genoud]

 

La démocratie est en crise. C’est une affirmation que l’on entend beaucoup et qui ne date pas d’hier. Les citoyens n’ont plus confiance, ils veulent reprendre la main sur leur pouvoir décisionnaire. Oui, mais vivre en démocratie veut-il vraiment dire avoir le pouvoir de décider ?

Soyons concrets
Les décisions les plus importantes dans notre République se prennent à l’Assemblée nationale. Ce sont les lois. Une loi est un projet originaire d’un ministère. Le Gouvernement soumet à l’Assemblée nationale un projet de loi. L’institution réunit d’abord une commission qui peut choisir d’adopter le projet tel qu’il est de le rejeter totalement ou de l’amender (le modifier). Le projet fera ensuite la navette entre le Sénat et l’Assemblée nationale autant de fois qu’il sera modifié. Mais finalement, c’est le Président de la République qui, par sa signature, promulguera chacune des lois votées.  

Et nous, dans tout ça ?
Dans une république démocratique et parlementaire, les citoyens élisent, aussi bien au niveau local que national, leurs représentants au suffrage universel. Par ce biais, la voix du peuple est censée être représentée le plus fidèlement possible. Mais parfois, les décisions prises au plus haut sommet du pouvoir semblent être en décalage avec la réalité du quotidien des citoyens, ce qui peut engendrer de lourdes conséquences et générer un climat de révolte et de revendications contre les institutions en place. Le peuple peut parfois donner son avis par le biais de référendums, mais les élus ne sont pas obligés de tenir compte des résultats. Cela a été le cas avec celui sur Notre-Dame-des-Landes dont le résultat était favorable à la construction de l’aéroport, projet qui a finalement été abandonné.  

Nous, Tribuns
Bien conscients du fait que nous traversons une phase de « crise de la représentativité », nous nous sommes posé certaines questions : pourquoi les décisions prises correspondent-elles en apparence si peu à ce que le peuple souhaite ? Mais tout d’abord, qu’est-ce qu’une décision en démocratie et comment est-elle prise ? Après avoir été sensibilisés à l’art du débat et à l’exercice difficile qu’est la recherche du consensus, nous avons dû admettre une chose : prendre une décision, LA décision à plusieurs, c’est presque mission impossible. Nous avons contacté quelques élus afin d’avoir des témoignages de ceux qui signent les documents qui influent sur nos vies de citoyens. Ce qui en est ressorti, c’est qu’un seul être humain ne pouvait pas avoir l’expertise de tous les sujets. Et c’est là que chaque citoyen a son utilité, car il ne s’agit pas là de revendiquer pour sa propre personne, mais d’apporter sa pierre d’expert à l’édifice de la démocratie. 

Le sens des valeurs
Un décideur essaye par définition d’être le plus juste possible en prenant en compte les différents paramètres. Mais il faut accepter qu’en démocratie, tout le monde ne puisse pas être entièrement satisfait. Beaucoup contestent sans argumenter, mais il faut chercher à comprendre la décision, ne pas penser qu’à soi et privilégier la notion de solidarité. En votant, nous devons choisir la personne dont les valeurs se rapprochent le plus des nôtres, car c’est celle qui agira au mieux pour l’intérêt général en pensant ses décisions sur le long terme et en suivant l’idéologie qui est la sienne. Si nous n’avons pas un pouvoir direct de décision, nous avons un grand pouvoir d’influence que nous ne devons pas négliger.