[ Par Loïc Rivault ]

 

Le mot « territoire » est aujourd’hui de plus en plus utilisé dans les médias. On peut faire une liste rapide : territoire français, gestion sanitaire des territoires, enclavement des territoires, territoire zéro chômeurs, territoires à énergie positive, territoires ruraux vs urbains, territoires des ados, aménagement du territoire…

Ce mot devient un peu « fourre-tout » et c’est difficile de s’y retrouver. Ce terme renvoie d’abord à un découpage administratif souvent en lien avec un espace étatique (cf : le territoire français). Mais ce qui est intéressant dans ce mot territoire, c’est qu’il permet de sortir de la logique étatique, nationale voire nationaliste. En effet, le territoire est tout espace socialisé, approprié par ses habitants.

Il existe donc plusieurs territoires pour un même habitant. Il peut faire référence à son territoire national, régional, départemental…mais également avoir un fort sentiment d’appartenance à sa ville, son quartier, sa rue, son immeuble, sa planète… La part affective au territoire est importante. On peut être fier de sa région, de son territoire. L’appropriation est différente suivant les territoires, les groupes d’habitants varient et s’expriment de façon originale et composite. Il existe également des territoires excluant des populations (quartiers de résidences aisées avec un coût du foncier élevé qui exclut de fait les populations les plus pauvres) d’autres au contraires incluent des types de population très variés (logements sociaux dans de nouveaux programmes immobiliers). Les personnes exclues à un moment ou un autre (femmes, handicapés, malades…) sont souvent confrontés à un rétrécissement de leurs territoires et le vivent mal.

Nous devons partager notre territoire avec les animaux et notamment les animaux sauvages. On voit depuis 1992, que les loups sont revenus en France et occupent des territoires où l’homme est peu présent. Très vite les loups vont étendre leur territoire et pénétrer celui des hommes. Des conflits vont alors apparaître entre deux visions du territoire : doit-on protéger les animaux sauvages et leur laisser un territoire à eux ? Ou doit-on développer l’élevage et repousser les loups au-delà des territoires des hommes ?

Pour vivre ensemble sur un territoire et éviter les conflits, il faut anticiper, c’est ce que l’on appelle l’aménagement du territoire. C’est l’action qui permet d’orienter la répartition des hommes, des activités, des équipements dans un espace. Cette politique d’aménagement peut permettre de corriger les déséquilibres territoriaux. Mais quelle politique choisir ? Faut-il favoriser les territoires les plus compétitifs ou au contraire maintenir une offre de services publics dans tous les territoires ? L’équité territoriale se retrouve ainsi au centre de nos préoccupations. En tant que citoyen nous avons tous à nous positionner par rapport à notre engagement territorial (vote, associations, bénévolat, aide des personnes vulnérables, gestion de nos déchets, de nos déplacements…).