[ Par Hugo Bernard ]

 

Les Français font de moins en moins confiance aux médias. Cette méfiance est en particulier due à un manque de confiance dans le travail des journalistes. Leur intégrité est remise en question, pour différents motifs : parti-pris, course à l’information, mais aussi de par leur relation ambiguë avec les politiciens. Cette relation très spécifique à la France soulève de nombreuses interrogations : est-ce réellement un problème ? Quelle conséquence cela a-t-il sur l’exercice du métier de journaliste ?

 

Des relations journalistes/politiciens spécifique à la France
Cette relation très proche, spécifique à la France entre journalistes et politiciens trouve son origine dans la formation commune nécessaire à l’exercice de ces deux métiers. Journalistes et politiciens créent des liens dans des écoles comme Sciences-Po ou l’Ecole Nationale Administration, et ces liens perdurent par la suite. Ces liens peuvent même aller jusqu’aux relations amoureuses, relations qui sont encore une fois spécifiques à la France. En effet, il est impensable dans des nations telles que l’Angleterre, de voir de tels couples continuer à exercer leurs métiers respectifs, par peur de ne plus le pratiquer objectivement. Mais est-ce que ces relations sont incompatibles avec le bon exercice du métier ? A mon avis, une première réponse se trouve dans le degré d’implication. On peut mettre en évidence un lien entre la mise en contact entre ces deux métiers et l’obtention ou la divulgation d’informations nécessaires dans ces deux métiers. Effectivement, il serait très difficile, voire impossible pour un journaliste d’exercer son métier sans les informations obtenues auprès des politiciens, de même un politicien doit communiquer sur son travail, et pour cela, il a besoin de contact avec les journalistes. 

 

La situation délicate des journalistes
Cette relation est d’autant plus nécessaire que la situation des journalistes vis-à-vis des politiciens et de leur rédaction est délicate. En effet, les journalistes ne disposent ni d’un pouvoir politique, ni d’un pouvoir économique, contrairement aux politiciens et aux grands groupes qui possèdent la quasi-totalité des médias français. Il est alors difficile pour ces journalistes de trouver un équilibre entre ces deux forces. Ils doivent donc faire des compromis lors de l’écriture de leurs articles afin de retransmettre au mieux l’information, tout en respectant les exigences de leur rédaction.

 

Une situation à relativiser
Pour autant, cette connivence ne représente pas un véritable danger pour la démocratie. Malgré la nomination des patrons des chaînes de télévisions publiques par Nicolas Sarkozy, celui-ci a tout de même perdu l’élection suivante. De plus, il existe encore des médias indépendants de grands groupes, et des pressions politiques, tels que le Canard enchaîné ou Mediapart. Les journalistes peuvent s’y exprimer librement et dans lesquels certaines pratiques douteuses de politiciens sont plus souvent dénoncées grâce à un travail d’investigation.