[ Par Candyce Maillot ]

Le harcèlement est une violence verbale, psychologique ou physique : elle tend à affaiblir la personne qui en est victime. Ainsi, une personne va en harceler une autre en raison de sa couleur de peau, sa religion, son genre, son orientation sexuelle… Le problème est que le harcèlement n’implique pas toujours la relation entre garçons et filles : il faut considérer d’autres points de vue.

J’ai vécu une situation de harcèlement
L’année dernière, une collégienne m’a accusée d’avoir cassé son téléphone. Tous les jours pendant un mois, elle est venue me voir en me menaçant et me réclamant de l’argent. Cela se passait au collège, sur le chemin de l’école et en bas de chez moi. La plupart du temps, elle agissait quand  elle était avec d’autres personnes mais jamais quand elle était seule. Jusqu’au jour où elle a voulu me taper. Mais il y avait des animateurs et ils ont appelé mes parents pour régler l’histoire avec sa maman. Auparavant, j’en avais parlé aux surveillants du collège. Une rencontre avec la fille, les surveillants et moi-même avait eu lieu et en principe l’histoire était réglée.

Comment j’ai vécu cela ?
Je l’ai très mal vécu car tout le monde, notamment les élèves du collège, étaient contre moi. J’en avais parlé à mes parents et à ma sœur. Même s’ils étaient présents et me rassurait, je me suis sentie isolée, j’étais triste et je ne dormais pas beaucoup. Je ne voulais plus sortir de chez moi par peur. A la maison, dans ma chambre, j’étais bien, mais le monde extérieur m’effrayait. Le matin, je ne voulais plus aller au collège. Aussi, lorsqu’elle et ses copines m’ont menacé au sein du collège en me hurlant dessus et en m’insultant, je suis restée à la vie scolaire car je ne voulais plus aller en cours. J’étais anéantie. Et là, les surveillants m’ont posé des questions et j’ai tout raconté. J’étais soulagée car ils ont été à mon écoute et ils ont pris le temps de m’expliquer les choses et de me rassurer. Ils m’ont donné de précieux conseils. Je n’étais plus toute seule face aux autres.


Mon envie que les choses changent !
J’aimerais que les harceleurs soient punis et aussi sanctionnés. Par leurs agissements physiques ou moraux, ils détruisent des personnes. Malheureusement, cela peut aller jusqu’au suicide. J’aimerais qu’on aide les personnes harcelées à surmonter leur traumatisme car c’est une épreuve douloureuse qui dépend de la gravité des faits et de la durée du harcèlement. Il faut sensibiliser les enfants dès le plus jeune âge. En parler c’est bien, mais il faut aller au delà et agir sur le terrain (école, collège, entreprise…), rencontrer des personnes et informer davantage. Tout le monde doit se sentir concerné. Beaucoup ne parlent pas, par peur ou honte ! 

Le harcèlement reste un sujet tabou. Il faut faire bouger les choses, en parler autour de soi, être attentif aux autres et apporter son aide de n’importe quelle façon. Il faut dénoncer tous les mauvais comportements : être vigilant au moindre fait, même minime, qui peut sembler insignifiant, mais qui peut prendre une grande ampleur si on n’y fait pas attention.