[ Par Célestine Croquizon ]

 

Certes, le processus de la colonisation est ancien, datant de la Grèce antique qui installa des cités sur le pourtour méditerranéen. Mais nous n évoquerons ici que la colonisation développées à l’époque moderne, à partir du XVème et XVIème siècle par les Espagnols et Portugais en Amérique latine. L’appropriation de territoire, liée à l’industrialisation, atteindra son apogée au XIXème siècle lorsque Britanniques et Français se lanceront à la conquête du monde.

Pourquoi s’approprier un territoire ?
Au XIXème siècle, la révolution industrielle européenne et la volonté de s’affirmer sur la scène internationale attisent le désir des grandes puissances de l’époque (le Royaume-Uni, la France…), de posséder de plus en plus de territoire afin d’exploiter leurs ressources en main d’œuvre et en matières premières. Ces espaces de richesse deviennent donc des colonies d’exploitation.

Un désir de domination sur les peuples colonisés lié à un sentiment de supériorité civilisationnel, notamment en Afrique, naît très vite, en conséquence de la traite des personnes noires des siècles précédents. Les colons européens veulent convertir les populations locales à leur religion, leur imposer un mode de vie et des valeurs occidentales. Certaines colonies sont donc devenues des colonies de peuplement : de nombreux étrangers s’installent pour y vivre et y travailler sur les meilleures terres. Mais l’exploitation des ressources et cette appropriation de territoire causa également de nombreux débats : malgré l’abolition de l’esclavage en France en 1848, les travaux forcés sont presque systématiquement utilisés pour construire des lignes de chemins de fer, des terres cultivables et des maisons sont volées afin qu’elles servent aux colons européens.

 

 

Les territoires ont-ils étés vraiment décolonisés ?
Le processus de décolonisation fut long et pas toujours pacifique. L’Asie fut décolonisée à la fin des années 1950 tandis que les dernier pays décolonisés d’Afrique sont le Mozambique et l’Angola en 1975. Ainsi l’Afrique, au départ des européens, se retrouve avec des problèmes frontaliers et ethniques causés par le découpage aberrant du territoire « à la règle » qui avait eu lieu dans le but de partager celui-ci. La volonté des colons de diriger ces territoires mena également à la prise du pouvoir par certains groupes ethniques, en profitant pour éliminer des personnes d’une autre appartenance ethnique, sociale ou religieuse. Ce fut le cas avec le génocide des tutsi du Rwanda en 1994. Malgré leur indépendance, ces anciens Etats colonisés sont restés très dépendants de leurs anciens maîtres en raison du soutien politique et militaire apporté en échange de tarifs commerciaux avantageux.

 

 

Vagues de migrants
La difficile intégration des territoires africains dans le commerce international, garantie essentielle de leur indépendance et de leur développement, est une conséquence directe de la domination coloniale, mais aussi du manque des appétits géopolitiques européens d’après la décolonisation. Double sentence, double peine dont ce sont les populations africaines qui payent le prix aujourd’hui en vivant dans des conditions sociales, économiques et sanitaires qu’aucun d’entre nous n’accepterait de vivre. Soyons lucides : si par centaines, par milliers, les populations d’Afrique subsaharienne quittent leurs terres natales, leur patrimoine, leurs racines, ce n’est pas de gaieté de cœur. C’est parce que les puissants de ce monde, dans une lecture égoïste et concurrentielle des relations entre Etats, laissent s’installer la misère, profitant des conflits ethniques pour continuer de contrôler les richesses locales à leur profit. L’Impact environnementale, culturel, civilisationnel des sociétés occidentales continue de se refléter sur les pays les plus pauvres, dans la Négation des identités locales, le vol d’œuvres d’arts patrimoniales, La volonté de maintenir le contrôle sur des terres anciennes de peur que d’autres, Chinois par exemple, ne viennent s’en emparer un jour.