[ Par Aurélien Crespin ]

 

Dans un monde de plus en plus connecté avec les nouvelles technologies, les réseaux sociaux font aujourd’hui pleinement partie de notre quotidien. C’est dans la série au succès incontesté Black Mirror que les questions de l’image de soi et du jugement des autres sont critiquées selon bien des aspects.

Un futur déshumanisé
Dans un futur pas si lointain, les gens sont notés sur leur popularité avec une application ressemblant à Instagram. La note la plus faible est 0 et la plus élevée est 5. Grâce aux valorisations des individus de leur entourage et à leur réseau de contacts, les personnes peuvent profiter de biens et services, accéder à des loisirs ou encore obtenir d’autres bénéfices.

À la différence des likes sur les réseaux sociaux, ces points sociaux qui fonctionnent bien au-delà des réseaux, déterminent complètement leur vie, leur position sociale et même leur façon d’être. Ces notes peuvent être publiques ou anonymes et leurs répercussions peuvent être dévastatrices. C’est pourquoi tous les gens de ce monde tentent de se comporter en respectant les normes de la société et en faisant semblant d’être parfaits.

Que se passerait-il si nous commencions à noter et classer les gens autour de nous en fonction de leur popularité sur les réseaux sociaux ? Comment réagiraient les personnes de notre entourage face à ce jugement omniprésent ? De la même manière que les réseaux sociaux, ce monde surconnecté cache un visage très sombre.

 

Derrière la perfection, le néant
Tous les jours, nous consultons Facebook, Instagram, Twitter et bien d’autres réseaux sociaux. Nous analysons tout ce que nous voyons, nous pensons à chaque personne qui verra notre publication et à l’avis qu’elle en aura. Nous vivons dans un monde qui chaque jour est un peu moins humain et un peu plus technologique. Ces réseaux sociaux sont l’image que nous souhaitons montrer au monde qui nous entoure, ce que nous souhaiterions être mais que nous ne sommes pas : c’est le visage idyllique et parfait de notre vie quotidienne.

Dans Black Mirror, chacun agit avec une grande sensibilité avec les autres, et avec une amabilité qui dérange car elle n’est pas réelle. Il ne s’agit pas de plaire ou d’aider, mais uniquement d’améliorer sa propre image, c’est de l’égoïsme pur et simple. Personne n’agit avec sincérité, personne ne pense aux autres, et l’image de soi est tellement omniprésente qu’elle en devient une obsession.

 

Un étrange futur déjà bien présent 
Black Mirror nous plonge parfaitement dans un monde de filtres de la vie réelle, où tout semble parfait, mais où personne n’est réellement heureux. On peut ainsi penser qu’il n’y a rien de plus emprisonnant que soi-même, et rien de plus aliénant qu’un monde déshumanisé et vide de réalité.

En 2014, la Chine a lancé un projet visant à récompenser les bons comportements et à punir les mauvais avec un système de notation sociale. Depuis le 1er mai 2018, les Chinois ayant une mauvaise « note sociale » sont inscrits sur une liste noire les empêchant par exemple d’acheter des billets de train ou d’avion pour une période pouvant aller jusqu’à un an. Ce système de notation devrait être mis en place dans l’intégralité du pays dès 2020 et les critiques à ce sujet sont déjà nombreuses.