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  • Anti-Loi Vidal : bloqueur ou défenseur du savoir pour tous ?
[ Par Juliette MEYER ]

La loi Vidal entrait en vigueur le 9 mars 2018. Elle vise à mettre fin aux tirages au sort de certaines universités en instaurant des critères de sélection à l’entrée. Ces opposants lui reprochent d’empêcher à certains élèves l’accès à l’enseignement supérieur public. Des étudiants décident de bloquer les universités dans plusieurs grandes villes françaises (Paris, Montpellier, Toulouse, Grenoble) pour manifester leur désaccord avec le gouvernement.

Ce que l’on nous montre
A l’approche des examens, plusieurs universités restaient encore bloquées. Une intervention policière est prévue dans plusieurs facultés pour évacuer les étudiants et libérer les locaux. Les médias sont en avant-poste lors de certaines évacuations. Les images des facs occupées se bousculent sur nos écrans et dans nos journaux : chaises et tables empilées contre les portes, murs tagués, poubelles renversées, etc. Le journal Le Parisien écrit : « Le bâtiment des langues vivantes de l’université grenobloise a été saccagé pendant l’occupation des locaux par des étudiants opposés à la loi Vidal », « L’université Grenoble Alpes chiffre à plus d’un million d’euros les dégradations ». Je n’observe aucun témoignage de manifestants.

Ce que l’on peut apercevoir
L’inventivité des étudiants pour les slogans est cependant remarquable. Que ce soit par l’humour comme « Bloquer devient Vidal », « Pour le coup la sélection n’est pas du tout naturelle » ou encore « Contre toutes les sélections sauf celle de Benzema », de manière plus engagée (« Les étudiants de Sciences Pô contre la dictature macronienne », « Macron attaque, défends ta Fac ») ou avec plus de profondeur (« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est le plus sacré des devoirs ») ; les slogans coup de poing fusent. Il y en a partout sur les murs des facs, mais aussi sur des draps, des pancartes, ou encore des poubelles : c’est à travers ces slogans que les étudiants cherchent à faire entendre leur point de vue.

Crier pour plus de visibilité
La colère face à l’absence de représentation des étudiants dans les médias se fait ressentir frontalement. Elle se fait à l’arraché avec des mots écrits en rouge et en très gros sur des draps flottants au-dessus des murs des universités comme pour ne pas laisser le choix au public que de les voir. La punchline et le slogan coup de poing deviennent les principaux moyens de communication et les seuls moyens d’attirer l’attention des médias sur les dangers de la sélection dans les universités. Cette communication est à double tranchant. Si elle permet aux étudiants de se faire entendre, elle les pénalise aussi car à travers les images des mots rouges écrits sur les murs, les étudiants sont cantonnés au rôle de fauteurs de trouble qui s’amusent à dégrader les universités par les médias.

Les médias nous imposent un choix : Se faire écouter coûte que coûte au risque de se faire stigmatiser ou se taire et voir ce à quoi nous tenons se faire détruire ?